Placo sur ossature bois ou métal : que privilégier ?

Le choix entre une ossature bois et une structure métallique pour vos cloisons Placo représente une décision technique fondamentale qui impactera durablement la performance de vos aménagements intérieurs. Cette question préoccupe régulièrement les professionnels du bâtiment et les particuliers engagés dans des projets de rénovation ou de construction neuve. Les enjeux dépassent largement la simple considération économique : performances acoustiques, résistance mécanique, facilité de mise en œuvre et durabilité constituent autant de critères déterminants. L’évolution des normes thermiques et acoustiques, notamment la RT 2012 puis la RE 2020, a considérablement renforcé les exigences techniques appliquées aux cloisons distributives et séparatives.

Analyse comparative des performances mécaniques entre ossatures bois et métal pour cloisons placo

Les caractéristiques mécaniques fondamentales distinguent nettement les ossatures bois des structures métalliques dans leurs applications aux cloisons Placo. La résistance à la flexion, la stabilité dimensionnelle et la capacité portante constituent les trois piliers d’évaluation technique de ces systèmes constructifs.

Résistance à la flexion des montants bois résineux C24 versus profiles acier galvanisé

Les montants en bois résineux de classe C24 présentent un module d’élasticité longitudinal de 11 000 MPa, tandis que l’acier galvanisé des profilés métalliques atteint 210 000 MPa. Cette différence considérable confère aux structures métalliques une rigidité supérieure face aux sollicitations latérales. Cependant, le moment quadratique des sections bois compense partiellement cette différence grâce à leurs dimensions plus importantes : un montant 48×70 mm offre une inertie de 137 cm⁴ contre seulement 8,9 cm⁴ pour un profilé CW 70/50.

L’analyse des contraintes de flexion révèle que les ossatures métalliques supportent mieux les déformations ponctuelles, particulièrement critiques lors de la fixation d’éléments lourds. Les essais de laboratoire démontrent une flèche maximale de 2,5 mm sous charge de 30 kg pour les profilés métalliques, contre 4,2 mm pour les montants bois de section équivalente.

Coefficient de dilatation thermique et stabilité dimensionnelle des structures porteuses

La dilatation thermique différentielle constitue un paramètre critique dans le choix d’ossature. Le coefficient de dilatation de l’acier galvanisé s’établit à 12 x 10⁻⁶ /°C, tandis que le bois résineux présente une dilatation longitudinale de 4 x 10⁻⁶ /°C et radiale de 25 x 10⁻⁶ /°C. Cette anisotropie du bois génère des contraintes internes complexes, particulièrement sensibles dans les environnements à variations thermiques importantes.

Les variations hygrométriques amplifient ces phénomènes : un montant bois de 70 mm d’épaisseur peut subir une variation dimensionnelle de ±1,2 mm pour une variation d’humidité relative de 10%. Les profilés métalliques demeurent insensibles à ces fluctuations, garantissant une stabilité dimensionnelle optimale des cloisons sur le long terme.

Capacité de charge admissible selon NF DTU 25.41 pour fixations lourdes murales

La norme NF DTU 25.41 définit précisément les charges

admissibles pour les cloisons sur ossature bois et métal, en distinguant les charges légères (étagères, petits meubles suspendus), moyennes (éléments sanitaires, meubles hauts de cuisine) et lourdes (chauffe-eau, bibliothèques remplies). En pratique, les capacités de charge dépendent autant de l’ossature que du type de plaque de plâtre, du nombre de parements et du système de fixation utilisé.

Sur ossature métallique de type CW 70 ou CW 100 avec double parement BA13, on atteint couramment 60 à 80 kg par point de fixation en utilisant des chevilles métalliques expansives adaptées. Sur ossature bois C24 en section 48×70 mm, les vis à bois permettent d’aller plus loin ponctuellement, jusqu’à 100 kg et plus, à condition de viser précisément les montants. En revanche, la répartition des charges est généralement plus homogène sur une cloison Placo montée sur ossature métal, car la distance entre montants est mieux maîtrisée et la structure est plus régulière.

Pour les projets où vous prévoyez beaucoup de charges suspendues (cuisine équipée, salle de bain avec mobilier lourd, fixations TV), une approche rationnelle consiste à renforcer localement l’ossature, quel que soit le matériau. Vous pouvez intégrer des renforts OSB entre montants, doubler les plaques de plâtre, ou prévoir des montants rapprochés à 40 cm d’entraxe. La clé reste de concevoir la cloison Placo non pas comme un simple habillage, mais comme un support porteur qui doit être calculé en conséquence.

Comportement vibratoire et transmission des chocs dans les cloisons distributives

Le comportement vibratoire d’une cloison Placo sur ossature bois ou métal influence directement le confort acoustique et la sensation de solidité au quotidien. Le métal, plus rigide, transmet plus facilement les hautes fréquences (bruits secs, claquements de porte, chocs ponctuels), tandis que le bois, plus « amortissant », tend à dissiper une partie de l’énergie vibratoire. On peut comparer cela à deux instruments de musique : une corde métallique vibre longtemps et clairement, alors qu’une corde en matière composite semble plus « sourde ».

Dans les cloisons distributives légères (type 72/48 avec BA13), les profilés métalliques forment une chaîne continue qui peut conduire les vibrations de pièce en pièce si les liaisons périphériques ne sont pas traitées avec des bandes résilientes. À l’inverse, une ossature bois correctement désolidarisée et posée sur bandes phoniques présente souvent un meilleur amortissement structurel. Toutefois, ce comportement plus souple peut donner une impression de cloison moins « pleine » si l’entraxe des montants bois est trop important ou si la fixation des plaques est insuffisante.

Pour limiter la transmission des chocs sur une cloison Placo, la stratégie reste la même dans les deux cas : augmenter la masse (double parement, plaques haute densité type Habito, Diamant, etc.), introduire de la souplesse contrôlée (bandes résilientes, liaisons acoustiques), et remplir totalement la cavité d’un isolant fibreux. Une cloison sur ossature métal avec montants désolidarisés (cloisons « boîte dans la boîte ») peut alors surpasser nettement une ossature bois classique en termes de confort acoustique.

Spécifications techniques des systèmes d’ossature knauf, placo et siniat

Les grands industriels du plâtre comme Knauf, Placo (Saint-Gobain) et Siniat proposent des systèmes complets associant ossatures métalliques, plaques de plâtre, accessoires et prescriptions de mise en œuvre. Choisir entre ossature bois et métal ne se fait donc pas seulement sur la base du matériau brut, mais aussi en tenant compte des systèmes industriels parfaitement rodés autour des profilés acier. Vous le verrez, les caractéristiques de ces profils sont finement standardisées pour garantir la compatibilité avec les plaques et les performances annoncées dans les Avis Techniques.

Montants métalliques CW 70/50 et CW 100/50 : épaisseurs et traitements anticorrosion

Les montants métalliques de type CW 70/50 et CW 100/50 constituent la base de nombreuses cloisons distributives et séparatives. Le premier chiffre (70 ou 100) correspond généralement à la largeur du profilé, tandis que le second (50) renvoie à la hauteur de l’aile. Chez Knauf, Placo et Siniat, ces profils sont en acier galvanisé Z140 à Z275, c’est-à-dire revêtus d’une couche de zinc comprise entre 140 et 275 g/m² pour assurer une protection anticorrosion durable.

L’épaisseur courante des tôles varie de 0,5 à 0,6 mm pour les applications standard, et peut atteindre 0,7 mm pour les cloisons de grande hauteur ou les zones à fortes sollicitations mécaniques. Cette épaisseur conditionne directement la résistance à la flexion et la capacité de reprise de charges suspendues dans votre cloison Placo. Un profil CW 100/50 en 0,6 mm d’épaisseur offre par exemple une inertie nettement supérieure à un profil de même géométrie en 0,5 mm.

Les traitements anticorrosion sont dimensionnés pour couvrir les classes d’exposition courantes des locaux (EA, EB, EC au sens du DTU 25.41). Dans les pièces humides modérées (salles de bains bien ventilées, cuisines), les profils galvanisés standard suffisent, à condition d’utiliser des plaques de plâtre hydrofuges. En revanche, dans des environnements très agressifs (piscines, locaux industriels), des solutions spécifiques avec acier renforcé, peinture intumescente ou profilés inox peuvent être nécessaires, ce qui plaide encore en faveur des systèmes métal normés plutôt que de solutions bois improvisées.

Ossature bois autoclavé classe 2 : sections normalisées 48×70 et 45×95 mm

Pour les projets où vous souhaitez rester sur une ossature bois, les sections les plus couramment utilisées en doublage et cloisons Placo sont 48×70 mm et 45×95 mm en bois résineux (épicéa, sapin, pin), souvent classés structurellement en C18 ou C24. Le traitement autoclave de classe 2 vise à protéger le bois contre les attaques biologiques (champignons, insectes) dans des locaux secs ou occasionnellement humides, conformément à la norme NF EN 335.

Une section 48×70 mm en C24 offre un bon compromis entre rigidité, encombrement et facilité de perçage pour le passage des réseaux. En doublage intérieur avec isolant, la section 45×95 mm permet d’atteindre des épaisseurs d’isolant plus importantes, utiles dans les projets RT 2012, RE 2020 ou rénovation BBC. Toutefois, ces sections doivent être parfaitement sèches (taux d’humidité inférieur à 18 %) pour limiter les déformations ultérieures et le risque de fissuration des joints de plaques de plâtre.

Sur le plan pratique, l’ossature bois demande un travail de débit et de correction de rectitude plus important que l’ossature métallique préfabriquée. Il est recommandé d’écarter les bois présentant des nœuds traversants, des gerces ou des vrilles. De plus, le traitement autoclave impose souvent un temps de ressuyage avant mise en œuvre, afin que le bois ne se rétracte pas de façon excessive après pose des plaques Placo.

Rails de guidage R48 et fourrures F47 : compatibilité avec plaques BA13 et BA18

Les rails de guidage R48 et les fourrures F47 constituent les éléments clés des plafonds et doublages sur ossature métallique. Les rails R48 (ou R70, R90 selon la gamme) servent à recevoir les montants verticaux dans les cloisons Placo, tandis que les fourrures F47 assurent la suspension et le réglage fin des plafonds et contre-cloisons. Ces profilés sont spécifiquement dimensionnés pour s’accorder avec les largeurs standard des plaques BA13 et BA18 (en général 1,20 m).

Sur un plafond suspendu, un entraxe de 50 cm entre fourrures F47 garantit une bonne rigidité avec des plaques BA13 standard. Pour des plaques plus épaisses (BA18, plaques haute dureté ou Fermacell), l’entraxe est souvent réduit à 40 cm pour limiter le risque de flèche et de fissuration. Les constructeurs comme Knauf, Placo et Siniat fournissent des tableaux précis d’entraxes admissibles en fonction de la portée, du type de plaque et de la configuration de la pièce, ce qui simplifie considérablement la conception.

La compatibilité entre rails, montants, fourrures et plaques Placo ne se limite pas aux dimensions. Elle englobe aussi les systèmes de connexion (suspentes, éclisses, appuis réglables) qui assurent la continuité mécanique et la sécurité de l’ensemble. Là où une ossature bois doit être ajustée au cas par cas, une ossature métal utilisant R48 et F47 se comporte comme un « mécano » industriel : les pièces s’assemblent de manière standardisée, avec une prévisibilité appréciable sur chantier.

Systèmes de fixation spécialisés : vis TTPC et chevilles molly pour charges suspendues

Le comportement d’une cloison Placo sur ossature bois ou métal dépend aussi des systèmes de fixation choisis. Les vis TTPC (Tête Trompette Pointe Creuse) sont devenues la référence pour la fixation des plaques de plâtre sur ossature métallique. Leur géométrie permet une pénétration rapide dans l’acier galvanisé sans pré-perçage, tout en formant un fraisage propre qui facilite le traitement des joints. Sur ossature bois, on utilise plutôt des vis à bois à filetage partiel, adaptées à la densité du bois résineux.

Pour les charges suspendues, les chevilles métalliques à expansion (souvent appelées « chevilles Molly ») offrent une solution pratique dans les plaques de plâtre, en particulier lorsque l’on ne peut pas viser un montant. Combinées à des plaques renforcées ou à double parement, elles permettent de supporter des charges significatives (jusqu’à 20–30 kg par point) sans contact direct avec l’ossature. Sur ossature bois, le recours à des vis longues directement ancrées dans le montant reste toutefois la solution la plus sûre pour les charges lourdes.

En pratique, une bonne planification consiste à anticiper l’emplacement des charges lourdes avant la pose des plaques Placo. Vous pouvez alors ajouter des renforts internes (OSB, contreplaqué, doublage bois entre montants) et repérer précisément ces zones sur un plan ou par des photos prises avant fermeture. Cette anticipation vaut autant pour les cloisons sur ossature bois que métal, mais elle devient cruciale dès que l’on vise un résultat durable, conforme aux recommandations du NF DTU 25.41.

Performance acoustique DnT,w selon NF EN ISO 717-1 des différentes configurations

La question de la performance acoustique est centrale dès que l’on parle de cloison Placo en logement collectif, en maison individuelle ou en tertiaire. La norme NF EN ISO 717-1 définit l’indice d’affaiblissement acoustique pondéré DnT,w, qui traduit la capacité d’une cloison à atténuer les bruits aériens (voix, télévision, musique). Plus la valeur de DnT,w est élevée, meilleure est l’isolation acoustique entre deux pièces.

Les systèmes industriels sur ossature métallique sont très bien documentés de ce point de vue. Par exemple, une cloison 72/48 (montants métalliques de 48 mm, double parement BA13 de chaque côté, laine minérale 45 mm) atteint couramment 42 à 45 dB de DnT,w en conditions de laboratoire. En version double ossature désolidarisée avec double ou triple parement, on peut dépasser 55 dB, ce qui est compatible avec les exigences des constructions passives et des studios de musique.

Sur ossature bois, les performances acoustiques sont plus variables, car elles dépendent fortement de la qualité du bois, de l’entraxe des montants et du soin apporté aux jonctions périphériques. Une cloison Placo sur montants bois simples avec isolant et double parement BA13 peut atteindre des valeurs proches d’une ossature métal équivalente, à condition d’éviter les ponts rigides (liaisons trop serrées, manque de bandes résilientes) et de remplir correctement la cavité d’un isolant fibreux. Le bois jouant le rôle de ressort, la cloison fonctionne selon le principe « masse–ressort–masse » : les plaques de plâtre apportent la masse, l’isolant amortit, et l’ossature agit comme ressort.

Alors, que privilégier pour l’acoustique : ossature bois ou métal ? En réalité, ce sont la désolidarisation, la masse des parements et le remplissage de la cavité qui jouent le rôle principal. L’ossature métallique offre l’avantage de systèmes double-ossature, de montants crantés ou à rupture acoustique, très efficaces dans le traitement des bruits aériens et d’impact. L’ossature bois, elle, peut fournir d’excellents résultats à condition d’être traitée avec la même rigueur, notamment en rénovation de maisons anciennes où l’on veut préserver un maximum de matériaux biosourcés.

Résistance au feu et classification M0 des assemblages placo sur structures porteuses

La résistance au feu des cloisons Placo est un autre critère clé, particulièrement en logements collectifs, ERP et bâtiments tertiaires. Les classements EI 30, EI 60 ou EI 120 (stabilité, étanchéité aux flammes et isolation thermique pendant 30, 60 ou 120 minutes) déterminent la capacité de la cloison à jouer son rôle de compartimentage en cas d’incendie. Les plaques de plâtre, grâce à leur noyau de gypse contenant de l’eau chimiquement liée, offrent naturellement une bonne résistance au feu.

Les systèmes sur ossature métallique sont largement éprouvés et font l’objet de procès-verbaux de résistance au feu officiels. Une cloison sur montants métalliques CW 70 ou CW 100 avec double parement BA13 feu (type DF) de chaque côté peut atteindre EI 60, voire plus selon la configuration. L’acier, classé M0 (incombustible), ne contribue pas au développement de l’incendie, et sa tenue mécanique est garantie jusqu’à certaines températures, prises en compte dans les essais.

Avec une ossature bois, la donne change. Le bois est classé M3 à M4 en état brut, mais son comportement au feu est en réalité plus complexe : il se consume en surface, formant une couche de charbon qui ralentit la progression du feu vers le cœur. Bien protégé derrière un parement Placo adapté (BA13 feu, BA18 haute performance, etc.), le bois peut satisfaire des exigences EI 30 à EI 60, mais il faut se référer à des systèmes testés et validés. L’épaisseur des montants, l’entraxe et le type de plaque influencent fortement le résultat.

Pour des projets soumis à des exigences réglementaires fortes (escaliers, circulations communes, locaux techniques), les systèmes Placo sur ossature métallique restent la solution la plus simple et la plus sûre, car ils bénéficient de nombreux PV feu directement exploitables par les bureaux de contrôle. En maison individuelle, l’ossature bois associée à des plaques de plâtre performantes offre une protection satisfaisante, à condition de suivre scrupuleusement les recommandations des fabricants et du NF DTU 25.41.

Analyse économique TCO et temps de mise en œuvre par typologie d’ossature

Au-delà des performances techniques, vous devez aussi raisonner en coût global, ou TCO (Total Cost of Ownership), c’est-à-dire le coût total de possession sur toute la durée de vie de la cloison Placo. Ce coût intègre non seulement les matériaux et la main-d’œuvre de pose, mais aussi les éventuels travaux de maintenance, les reprises de fissures, les risques liés à l’humidité et l’adaptabilité future (modifications, ajouts de réseaux, repositionnement de cloisons).

Sur ce terrain, les ossatures métalliques marquent souvent des points grâce à leur rapidité de mise en œuvre, à la stabilité dimensionnelle et à la facilité de démontage ou transformation. L’ossature bois peut être plus compétitive en fourniture brute, surtout si vous avez accès à des filières locales, mais elle demande en général davantage de temps de préparation (tri, délignage, contrôle d’humidité) et un suivi plus attentif en phase d’exploitation, notamment dans les zones sensibles à l’humidité.

Coût matériaux au m² : comparatif prix montants bois traité versus profiles rigips

Si l’on compare le prix des montants bois traités avec celui des profilés métalliques de type Rigips, Knauf ou Placo, la différence brute au mètre linéaire peut sembler modeste. À titre indicatif, un montant bois 48×70 mm C24 traité classe 2 se situe souvent entre 1,30 et 1,80 € le mètre, tandis qu’un profilé métallique CW 70/50 tourne autour de 1,50 à 2,50 € le mètre, selon l’épaisseur d’acier et la marque. Rapporté au m² de cloison Placo (montants à entraxe 60 cm), l’écart de coût matériaux reste généralement inférieur à 2 € par m².

La réelle différence vient de l’environnement système. Avec les profilés métal Rigips ou équivalents, vous bénéficiez de tableaux de dimensionnement, de solutions acoustiques et feu validées, et d’accessoires parfaitement compatibles (suspentes, éclisses, appuis). Cela réduit le risque d’erreurs de conception et de surdimensionnement. Avec une ossature bois, vous devrez souvent surdimensionner pour rester du côté de la sécurité, ou faire appel à un bureau d’étude pour les cas complexes, ce qui augmente le coût global.

En pratique, sur un chantier standard, le coût total « matériaux cloison Placo » (ossature + plaques + isolant + accessoires) varie davantage en fonction du niveau de performance visé (simple ou double parement, épaisseur et nature de l’isolant) que du choix bois/métal. La différence de prix doit donc être mise en regard de la facilité de mise en œuvre, de la disponibilité des matériaux et de vos exigences en termes d’écologie et de filière courte.

Productivité chantier et temps de pose selon qualification plaquiste pro

Les plaquistes professionnels sont unanimes : la productivité sur ossature métallique est généralement supérieure à celle sur ossature bois, surtout pour des volumes importants. Les profilés métalliques se coupent rapidement à la grignoteuse ou à la cisaille, s’assemblent sans pré-perçage, et permettent des réglages fins en cours de pose. Sur un même chantier, on observe souvent un gain de 15 à 30 % de temps de pose en faveur du métal par rapport au bois.

Avec une ossature bois, les opérations de traçage, de perçage, de vissage et de correction de faux-aplomb prennent plus de temps. Le bois étant un matériau vivant, il peut présenter des variations de rectitude que le plaquiste doit rattraper pour obtenir une surface plane avant la pose des plaques Placo. Ce temps supplémentaire se traduit en coût de main-d’œuvre, particulièrement sensible sur les chantiers de rénovation lourde ou de construction neuve de grande envergure.

Si vous réalisez vous-même vos travaux, le bois peut toutefois offrir un certain confort de travail : il se visse facilement, accepte les reprises, et son comportement est intuitif pour un bricoleur. Le métal, lui, demande un minimum de familiarisation (type de vis, réglages des suspentes, découpe propre des profilés), mais une fois les gestes maîtrisés, la vitesse d’exécution devient un atout majeur. À vous de voir ce que vous privilégiez : gain de temps ou préférence pour un matériau plus traditionnel.

Maintenance préventive et durabilité des fixations dans environnements humides

En environnement humide ou à hygrométrie variable (salles de bains, buanderies, sous-sols semi-enterrés), le choix de l’ossature influence directement la maintenance future. Le bois, même traité, reste sensible aux variations d’humidité : il peut gonfler, se rétracter, se fissurer, voire développer des pathologies biologiques si la ventilation est insuffisante. Les conséquences sur une cloison Placo peuvent être visibles : fissures en pied de cloison, désaffleurements de plaques, décollement de joints.

L’ossature métallique galvanisée se montre nettement plus stable dans ces conditions, à condition que la galvanisation soit adaptée au niveau d’exposition. Les fixations (vis TTPC, chevilles métal) résistent bien dans le temps, surtout si l’on utilise des plaques de plâtre hydrofuges et que l’on soigne les points singuliers (joints de baignoire, retour de cloison, traversées de réseaux). Dans les pièces très humides, le recours à des suspentes et fixations inox peut encore améliorer la durabilité.

En termes de maintenance préventive, il est prudent de contrôler régulièrement l’état des cloisons situées dans des zones sensibles, quel que soit le type d’ossature. Une ventilation mécanique performante (VMC simple ou double flux), un traitement correct des remontées capillaires et une bonne étanchéité à l’eau au niveau des receveurs de douche ou baignoires restent les meilleures assurances pour prolonger la durée de vie de votre cloison Placo, qu’elle soit montée sur bois ou sur métal.

Applications spécifiques en rénovation BBC et construction passive minergie

Les rénovations BBC (Bâtiment Basse Consommation) et les constructions passives Minergie ou Passivhaus imposent des exigences particulièrement élevées en termes d’étanchéité à l’air, de performance thermique et de gestion des ponts phoniques. Dans ce contexte, le choix entre ossature bois et métal pour les cloisons Placo ne se résume plus à une simple préférence, mais s’inscrit dans une stratégie globale de conception de l’enveloppe et des parois intérieures.

En rénovation BBC, les cloisons sur ossature métallique sont souvent privilégiées pour leur finesse, leur faible poids et leur compatibilité avec les pare-vapeur et membranes d’étanchéité à l’air. Les profilés métal permettent d’intégrer facilement les réseaux sans perforer de manière excessive la membrane, grâce à des passages prévus et des manchons étanches. Les systèmes industriels proposent d’ailleurs des solutions complètes combinant plaques de plâtre, membranes et accessoires certifiés pour atteindre des niveaux de perméabilité à l’air très faibles.

Dans une démarche de construction passive ou Minergie où l’on valorise fortement les matériaux biosourcés, l’ossature bois reprend des couleurs. Associée à des isolants végétaux (laine de bois, chanvre, ouate de cellulose) et à des plaques de plâtre, elle contribue à un bilan carbone favorable et à une régulation hygrométrique naturelle des ambiances intérieures. Les cloisons Placo sur ossature bois s’intègrent alors dans un système global où l’inertie thermique, la capacité de stockage de l’humidité et le confort d’été sont soigneusement équilibrés.

Quelle option retenir pour votre projet performant ? Si votre priorité absolue est l’efficacité énergétique et l’étanchéité à l’air mesurables (tests Blower Door, certification), l’ossature métallique associée à des systèmes de membrane éprouvés offre une grande sécurité de résultat. Si vous visez en plus une approche très écologique, avec forte part de matériaux renouvelables, l’ossature bois a tout son sens, à condition d’être conçue avec la même rigueur (gestion des points de rosée, continuité du pare-vapeur, choix des fixations et traitements compatibles). Dans tous les cas, l’important est de voir la cloison Placo non pas isolément, mais comme une pièce d’un puzzle global : celui de la performance énergétique, du confort et de la durabilité de votre bâtiment.